Aujourd’hui, véritable sanctuaire
ornithologique, elle héberge d’importantes colonies d’oiseaux, notamment ceux
se reproduisant en terriers tels que certains pétrels et prions.

Classée en zone réservée à la
science, seuls quelques privilégiés y ont accès afin de suivre ces colonies et
de faire avancer les connaissances telles que l’estimation de la survie des
adultes sur un secteur témoin.
Uéline et Julien du programme
IPEV 109 en font parti.
Lors de cette manip du mois
d’Avril, Uéline, une des rares bagueuses françaises, passe ses soirées à mettre
en place des filets afin de capturer momentanément et tendrement des pétrels
bleus, gris ou noirs, des pétrels plongeurs communs (dits localement
« plonplons ») ou encore des Océanites de Wilson.

Une fois à la cabane à
température ambiante, Uéline contrôle alors si l’oiseau est déjà bagué et en
vérifie le numéro. Le cas échéant elle procède à un baguage : une petite
alliance choisie en fonction de la taille de l’animal est alors doucement
passée autour de sa patte.
La capture permet également de
prendre différentes mensurations de l’oiseau : âge, masse, taille des
ailes, du bec et du tarse, présence ou absence de plaque incubatrice (zone nue
de plume et très vascularisée se découvrant au moment de la couvée pour tenir
les œufs au chaud).
Dès que les manips sont
terminées, les oiseaux sont relâchés en fonction de leurs espèces. Certains
comme les pétrels plongeurs communs sont placés dans une pente aux pieds de
choux de Kerguelen, d’autres sont relâchés en vol face au vent.
En fin de séance, les filets sont
mis à l’abri et les piquets reposés à terre afin d’éviter des percutions
d’oiseaux en vols.

Ce jour là, Jean-Baptiste est "manipeur" pour aider Uéline.
Ces oiseaux se reconnaissent au bec
clair, au plumage gris foncé sur le dessus des ailes, la queue et la calotte et
au plumage plus clair au menton et au poitrail.
Elle n’en est pas à sa première
recherche dans les terriers dont elle connait les labyrinthes par cœur.

La manip
d’aujourd’hui consiste donc à vérifier si le second partenaire et déjà venu
remplacer le premier sur l’œuf. Car en effet, c’est à tour de rôle que ces
oiseaux couvent, profitant de leur moment de répits pour aller se nourrir en
mer.
La recherche est assez
fastidieuse dans la tourmente venteuse et boueuse de Kerguelen : allongée
au sol, Uéline enfonce donc son bras, parfois poursuivit d’un Ringo pour tâter
la présence de l’animal sans le blesser.
Lorsque celui-ci est détecté, souvent dans sa « chambre » un appareil surmonté d’une caméra, nommé « burrowscope » est inséré dans le terrier afin de lire le numéro de la bague du pétrel et de reconnaître lequel des deux partenaires est présent.

Comme chaque année depuis 30 ans, les informations et mesures prises par Uéline sont entrées dans un logiciel et envoyé au laboratoire. C’est ainsi une généalogie de plusieurs années qui est suivie, permettant d’étudier l’évolution de cette population à long terme.
Le refuge du "gros pétrel rouge" à Mayes


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