dimanche 26 mai 2019





Fête de la Nature à Kerguelen







En ce dimanche 26 mai, on ne fêtait pas seulement les mères, mais aussi la mère de tous, la Nature !
A Kerguelen, Clément, Quentin et Vincent, nos camarades de la Réserve naturelle, nous avait concocté un programme adapté sur mesure aux conditions météorologiques locales.
C’est donc sous un blanc manteau que la base s’est éveillée avec le début de passage d’une grosse perturbation qui devrait nous toucher pendant au moins trois jours.

Les locaux de la Réserve Naturelle au petit jour (8h00)
Il fallait donc être bien courageux pour braver les conditions rigoureuses de ce matin polaire afin d’aller chercher en cuisines pain, viennoiseries et boissons pour offrir le petit déjeuner aux visiteurs dans les locaux de la Réserve naturelle.


Et l’être plus encore pour y venir! mais la chaleur (humaine) qui y attendait les visiteurs valait le détour.

Après ce petit en-cas, agrémenté d’échanges alimentés par la documentation abondante de ces locaux, le public s’est ensuite dirigé vers Cinéker pour assister à la première projection de la journée : le documentaire « 700 requins dans la nuit » de Luc Marescot (expédition du plongeur Laurent Ballesta), tourné sous une latitude bien plus tempérée. De quoi nous réchauffer un peu et faire rêver Kévin et Guillaume, nos deux plongeurs de la base qui, eux, se « baignent » dans une eau de l’ordre de quelques petits degrés seulement (3° exactement lors de la dernière plongée)…

L’après-midi, après un deuxième film, « Océans » de Jacques Perrin, pour rester dans la même thématique, les hivernants ont été invités à présenter sous forme de diaporama une sélection de leurs photos de nature, de l’archipel, mais aussi d’ailleurs.  Nous avons ainsi voyagé de l’Antarctique jusqu’en Alaska. 




Puis est venu le moment du Quizz organisé à Totoche où nos hivernants ont dû répondre une douzaine de questions sous forme de QCM.  L’occasion de parfaire ses connaissances sur les espèces introduites ou natives, végétales comme animales. 





Et certains de se creuser la tête...



Toutes nos plus vives félicitations à Tobie, David et Guillaume, heureux gagnants de ce quizz, lequel a été clôturé par la remise de prix, mais aussi, et comme le veut la tradition, par un pot offert à Totoche ! 







Avant de passer à table, nous avons pu assister à la présentation de la bande annonce de la vidéo de promotion de la candidature des Terres et mers australes au patrimoine mondial. Cette vidéo, qui doit être diffusée prochainement, a été réalisée lors de l’OP3, en novembre 2018, par la société Imago Productions. Avis aux amateurs, de bien belles images en perspectives !

Pour clore cette journée, un troisième film documentaire, « Il était une forêt » de Luc Jacquet, a été projeté à Cinéker après le diner, pour nous emmener sur la canopée, rejoindre le monde des géants du règne végétal. Malgré les superbes images tournées en forêt équatoriale, nos vaillants hivernants ont eu du mal à se départir de leur bonnet et polaire!   


mercredi 8 mai 2019



Cérémonie de commémoration de la victoire du 8 mai 1945

En cette belle journée du 8 mai 2019, à 11h00 locale, l’ensemble des militaires de la mission 69 était réuni devant le mât des couleurs de Port-Aux-Français à l'occasion du 75 ème anniversaire de l'année 1944.  

Pour l’occasion, une délégation de l’équipage de l’Astrolabe en escale à Kerguelen, est venue se joindre à nous. Le chef de district, accompagné par leur commandant, a passé en revue les troupes avant de prendre place, avec la médecin-chef de la base et le représentant de l’IPEV, pour la levée des couleurs.


Le Maître-Principal, commandant du dispositif


Exceptionnellement, c’est au sifflet de gabier que celle-ci a eu lieu. En effet, pour honorer nos hôtes, mais aussi le commandant du dispositif, le maître principal, chef du détachement de la Marine Nationale en poste à Kerguelen,  la tradition en vigueur à bord des bâtiments de la marine a été respectée.



La sonnerie aux morts a ensuite retenti, suivie d’une minute de silence.
Les hivernants présents sur la base ont assisté à la cérémonie, puis sont venus se joindre aux militaires pour une photo souvenir sous un soleil radieux, au pied du mât.

L’ensemble des personnels se sont ensuite rendus dans la salle des fêtes pour entendre la lecture, faite par le chef de district, du message de Mme Genevièvre Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées.
L'Astrolabe dans le golfe du Morbihan (Kerguelen)




Un vin d’honneur, servi à nos hôtes et à l’ensemble des participants, a clôturé cette commémoration rehaussée et honorée par la présence de l’équipage de l’Astrolabe.








Crédits Photo : Baptiste C. , Aude S., Dominique L., Laurent J. 

lundi 15 avril 2019

 Début des travaux de la future potence de la Flottille


En ce mois d'avril, l'équipe de José, le chef infra, entreprend les grands travaux de réalisation de la future potence qui servira à la mise à l'eau des embarcations depuis le quai de la flottille . 

Cette potence, un grand bras articulé et motorisé avec palan pouvant soulever une charge de 2 tonnes, permettra en effet de mettre à l'eau les embarcations de type légère (zodiac), mais aussi plus lourde comme le Commerson, embarcation semi-rigide de la Réserve Naturelle, pesant près d'une tonne et demie.



Jusqu'à maintenant, il fallait en effet un tracteur et une remorque pour le mettre à l'eau depuis une rampe, pas toujours très facile d'accès, ou encore l'emploi de la grue.   




La potence sera d'un usage beaucoup plus facile; il sera aussi possible de l'employer pour le chargement ou le déchargement de matériels.


La première étape consiste donc à couler le socle qui accueillera cette potence, sur le quai de la flottille.
Ce socle doit permettre de supporter à la fois le poids de la potence elle-même, mais aussi la charge en bout de bras.  






L'ensemble des matériaux nécessaires à sa réalisation a été réceptionné à OP1, et cela représente déjà une belle quantité de fer à béton!

  









Étudié par un bureau d'étude, le socle doit venir prendre place en bordure du quai.













Un grand coffrage est réalisé au milieu duquel on distingue la platine de fixation de la potence. Elle doit être mise parfaitement de niveau.  


Le coffrage doit être solidement fixé et étayé pour rester en place malgré la pression du béton qui sera coulé dedans. 



Il ne faut pas moins de 16 m3 pour remplir le coffrage, soit l'équivalent de 39 tonnes de béton.... L'ensemble des matériaux sont acheminés à proximité immédiate du chantier pour faire en sorte qu'une fois lancé, l'opération de coulage du béton ne s'interrompe pas. 
La grosse bétonnière est positionnée elle aussi de façon à se déverser directement dans le coffrage. 
Enfin, le mélange de sable et de gravier, issu de la carrière de Port-Aux-Français, est apporté avec le Caterpillar piloté par Jean-Pierre. 
Le jour J, toute l'équipe infra est sur le pont, renforcée exceptionnellement par de nombreux volontaires qui se relaieront tout au long de la journée pour apporter leur aide, en alimentant la bétonnière en ciment, en eau et produits additifs (accélérateur de prise, fibre, fluidifiant.), mais aussi en complétant en pelletage ce que le Caterpillar ne peut réaliser.   
     






L'eau et les additifs se chargent au seau par le dessus de la bétonnière.
Notre boulanger, Jérôme (à l’arrière-plan), mettra lui aussi généreusement la main à la pâte…












Pour ces dosages méticuleux, il fallait bien recourir à des spécialistes ! (ici, Marc notre bibou, et Clément de la Réserve Naturelle)  














Même si sa fluidité aide en cela, le béton doit être acheminé à la pelle jusque dans les moindres recoins du coffrage. 






Afin d'assurer une répartition et une homogénéité parfaite du béton, celui-ci doit être "vibré" à l'aide d'une carotte branchée sur un compresseur. Arnaud et Roméus se seront relayés toute la journée à cette tâche, entre deux pelletés de béton.    





A l'issue d'une bonne journée de travail, où le béton a été fabriqué et coulé sans interruption, Michel, notre chef maçon, et Arnaud peuvent enfin fièrement prendre la pause avant le dernier lissage de surface, pendant que Georget peut enfin couper le moteur de la bétonnière.








Après un mois de séchage, le montage de la potence pourra débuter; pour l'heure, c'est au tour de Stéphane et de son équipe ESF (Electricité, Sécurité et Flottille), de prendre le relais pour préparer l'assemblage des différents éléments de la potence. A suivre donc...

Quelques chiffres :
30.4T de sable
247 sacs de ciment soit 6,175T
2.32 M3 d’eau
160 L d’accélérateur de prise
28.8 L de super plastifiant
Et pour l’anecdote, c’est au minimum 3200 coups de pelle et 39 t de matériaux déplacés.

Un grand merci à tous ceux qui auront participé à cette réalisation!












vendredi 12 avril 2019


Le 11 avril, Les personnels du Bureau des Communications et Radio étaient mobilisés, avec les personnels du CNES, pour assurer une opération de migration de satellite de nos liaisons VSAT.
VSAT signifie "terminal à très petite ouverture" (en anglais Very Small Aperture Terminal). Il s'agit d'une technique de communication par satellite qui permet la transmission de données, en téléphonie, TV et internet. Avant l’apparition de ces communications satellites, les transmissions dans les îles australes étaient assurées par radio sur des longueurs d’onde permettant la réflexion dans les couches de l’atmosphère.


Radome VSAT de Port-Aux–Français abritant l’antenne parabolique


Pour les bases australes et antarctiques, il s’agit du seul moyen de communication, car ces territoires ne sont évidemment pas reliés par câble sous-marin. 

Cette opération consistait à passer d’un ancien satellite, l’IS 902 lancé en 2001, à un plus récent, l’IS 17, placé lui aussi en orbite géostationnaire par la fusée ARIANE en 2010.

Le satellite IS 17

L'antenne parabolique située à l'intérieur du radôme



L'orbite géostationnaire autour de la Terre se situe à une altitude de 35 786 km au-dessus du géoïde terrestre. On parle aussi d’orbite géosynchrone qui présente la particularité de faire qu'un corps se trouvant sur cette orbite possède une période de révolution très exactement égale à la période de rotation de la Terre sur elle-même (23 heures 56 minutes et 4,1 secondes). Cette propriété fait que tout corps en orbite géostationnaire paraît immobile par rapport à tout point de la Terre.

Le dispositif qui permet d'assurer la réception et l'émission du signal










Cette migration de satellite entraîne pour les installations sur base la nécessité d’un re-pointage de notre antenne parabolique, de façon extrêmement précise vu la distance qui nous sépare du satellite.





Yoann, le chef de station du CNES,
 et Jean-Sébastien, l'un de nos techniciens radio


Deux systèmes de repositionnement de l’antenne permettent ce réglage sur un plan horizontal, et au niveau de l’azimut.
Paul-Elie, le second technicien radio, à la manœuvre de réglage


















 Ces deux axes peuvent être réglés de façon quasi millimétrique avec une simple clé à cliquet !





On contrôle la qualité du signal en mesurant l’émission au moyen d’un analyseur de spectre, de façon à avoir un débit optimal.



Michel le chef BCR, Thomas technicien CNES, avec Jean-Sébastien et Paul-Elie




Nos techniciens Télécoms ont tous reçu une formation sur la manière d’effectuer le re-pointage de l'antenne vers le nouveau satellite, et après plus de deux heures de manipulations, en relation étroite avec le centre Airbus Défense and Space’s à Toulouse, l’opération s’achève :
La base de Port-Aux-français est de nouveau reliée au monde, à l'aide de ce moyen de communication plus performant que l’ancien!  







Quelques éléments sur ce satellite Intelsat 17 (IS-17) :
Sa position est de 66 ° E. Il a été lancé le 26 novembre 2010 depuis le Centre spatial guyanais de Kourou par la fusée Ariane 5 ECA. Il pèse un peu plus de 2 tonnes et a une durée de vie de 18 ans.
Son opérateur est Intelsat, consortium intergouvernemental International créé le 20 août 1964, associant 11 pays. Celui-ci possède 53 satellites géostationnaires, plusieurs téléports dont celui de Fuchsstadt en Allemagne.